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Albert John Lutuli ou Luthuli, "Mvumbi" en zoulou,
(1898 ?–21 juillet 1967) était un homme politique noir
d'Afrique du Sud, président du Congrès National Africain (ANC)
de 1951 à 1958 et Prix Nobel de la Paix en 1960 pour son combat contre
l'apartheid.Albert Lutuli est né en Rhodésie du Sud, troisième
fils d'un missionnaire chrétien, John Bunyan Lutuli, et de Mtonya
Gumede.
A la mort de son
père, sa mère ramène sa famille en Afrique du Sud dont
ils sont originaire, dans la province du Natal à Groutville près
de la ville de Stanger. Ils vivent chez un oncle, Martin Lutuli, chef élu
des zoulous chrétiens de la mission d'Umvoti.
Albert Lutuli
fait ses études d'enseignants à Edendale, près de Pietermaritzburg
et devient prêtre méthodiste.
En 1920, il reçoit
une bourse du gouvernement pour poursuivre ses études dans l'enseignement
supérieur au collège Adams duquel il rejoint ensuite l'équipe
pédagogique. C'est pour des raisons financières qu'il renonce
à une autre bourse d'étude qui lui aurait ouvert les portes
de l'université de Fort Hare.
En 1928, il devient
le secrétaire de l'association des enseignants africains et en 1933
en devient le président. C'est durant cette année là
que les ainés de sa tribu lui demande de devenir leur chef tribal.
Ce n'est qu'en 1936 qu'il accepte la charge de leader de la chefferie et
il le restera jusqu'à son éviction par le gouvernement en
1952.
En 1936, il prend
ses premières positions politiques après que le gouvernement
de James Barry Hertzog ait retiré le droit de vote aux noirs de la
province du Cap.
En 1944, Lutuli
s'engage au Congrès National Africain et en 1945 est élu à
son comité exécutif de la division provinciale du Natal. En
1951, il en devient le président et l'année suivante participe
avec d'autres leaders de l'ANC à la première campagne de désobéissance
civile et non violente pour protester contre le durcissement des lois de
ségrégation institutionnalisées par l'apartheid .
C'est alors que
le gouvernement de Daniel François Malan lui demande de choisir entre
son activité politique à l'ANC et la chefferie qu'il dirige
(ce qui fait de lui un fonctionnaire rémunéré par l'état
sud-africain). Lutuli ayant refusé de choisir, c'est le gouvernement
qui le démet de sa fonction de chef de tribu. Un mois plus tard,
Lutuli est élu président de l'ANC. Le gouvernement réagit
par des mesures de bannissement de l'organisation d'abord pour deux ans
puis encore pour deux ans.
En 1956, à
la fin de l'expiration du second délai, Lutuli organise une conférence
dans le but d'être arrêté et d'être inculpé
de haute trahison à l'instar des 155 autres prévenus, déjà
inculpés depuis 1955. Lutuli est arrêté et emprisonné
pendant un an. Après les audiences préliminaires, la justice
le libère en décembre 1957 alors que les charges qui pesaient
contre lui et 64 autres prévenus sont abandonnées.
Un autre bannissement
de 5 ans est alors décrété par le gouvernement mais
il sera suspendu par la justice pour que Lutuli puisse témoigner
au procès des rédacteurs de la Charte de la liberté
de 1955. Elle est de nouveau suspendue en 1960 afin de permettre son arrestation
pour avoir brulé son passeport intérieur à la suite
du massacre de Sharpeville.
Après la mise en place de l'état d'urgence, il est arrêté,
jugé coupable, condamné à une amende et à une
peine de prison avec sursis et renvoyé à Groutville.
En 1961, sa mesure
de bannissement est encore levé pour lui permettre de quitter le
pays avec sa femme et de recevoir à Oslo son Prix nobel de la paix,
caractérisé par le journal afrikaner "Die Transvaler"
comme un "phénomène pathologique inexplicable".
En mai 1964, une
quatrième mesure de bannissement confine Lutuli dans sa région
natale.
En juillet 1967,
il meurt dans un accident près de Stanger à l'age de 69 ans.
En 2004, il fut
élu à la 41ème position sur la liste des 100 Greatest
South Africans.
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