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Adolfo Pérez Esquivel est un artiste argentin
engagé qui a reçu le Prix Nobel de la Paix pour son travail
de défense des Droits Humains. Il est né à Buenos
Aires (Argentine) le 26 novembre 1931. Il a fait ses études au
Collège San Francisco puis à l’École nationale
des Beaux-Arts de Buenos Aires et à l’Université nationale
de La Plata.
Il
a enseigné pendant 25 ans dans les différents niveaux: primaire,
secondaire, puis universitaire à la Faculté d’architecture
et d’urbanisme de l’Université nationale de La Plata,
à l’École des Beaux-Arts “Manuel Belgrano”
et à l’Institut Azul pour les professeurs, toujours dans
la province de Buenos Aires. Il s’est retrouvé en chômage
durant toute la période de la dictature, à partir de 1976.
Artiste
Au
service de la non-violence en Amérique Latine
Prix
Nobel de la Paix
Distinctions
et Responsabilités
La Décennie
pour la culture de paix et non-violence (2001-2010)
Altermondialisme
Bibliographie
ARTISTE

Comme artiste, il développe une intense activité en réalisant
des expositions, des peintures murales et des monuments. On peut mentionner
en particulier le Monument des Réfugiés, situé au
siège central du Haut Commissariat des Nations unies pour les Réfugiés
(HCR) en Suisse, la peinture murale sur les Peuples latino-américains
à la cathédrale de Riobamba en Equateur, une autre peinture
murale dédié à Monseigneur Proaño et aux peuples
indigènes d’Equateur à Pucahuaïno, un monument
à la Mère à Bernal et à Azul dans la province
de Buenos Aires.
De plus, ses deux tapisseries sur Le Chemin de Croix et sur Le Carême
ont été exposées et reproduites par Misereor en Allemagne
et par Fastenopfer en Suisse, organisations ecclésiales de coopération
internationale. Les reproductions de ces deux œuvres ont aussi été
distribuées dans les autres pays d’Europe, au Canada et en
Amérique Latine.
AU
SERVICE DE LA NON VIOLENCE EN AMERIQUE LATINE

Dans les années 60, il commence à travailler avec les organisations
de base des mouvements chrétiens orientés vers les secteurs
les plus pauvres. Par la suite, il participe activement aux mouvements
non-violents. En 1973, il publie la revue Paix et Justice pour faire connaître
sa philosophie et il continue à organiser des groupes de base dans
les secteurs populaires.
La violence déchaînée dans tout le continent latino-américain
pendant les dictatures et les graves violations des droits humains l’amènent
alors à assumer des engagements et des responsabilités au
niveau œcuménique dans les groupes et les mouvements chrétiens
du continent.
En 1975, à Medellin en Colombie, il est nommé coordinateur
général pour l’Amérique latine de tous les
groupes et mouvements qui travaillent pour la libération par des
moyens non-violents. Ces groupes composés de religieux, de paysans
laïcs, d’indigènes, de secteurs populaires, d’organisations
de base et d’intellectuels, tous préoccupés par la
situation de leurs différents pays, cherchent à mettre sur
pied des actions et des politiques communes face à la violence
et à l’oppression. Ils doivent trouver des alternatives et
des réponses appropriées à l’intérieur
des espaces chaque fois plus restreints et réprimés de la
société. Dans la plupart des pays latino-américains,
des dictatures militaires se sont imposées et les délits
de séquestration et de disparitions forcées augmentent de
jour en jour.
Pour faire face à cette situation, un réseau solidaire avec
les réfugiés commence à se mettre en place au niveau
national comme au niveau international. Au Chili, sous Pinochet, des milliers
de réfugiés ont besoin d’aide solidaire et de sécurité
pour eux et pour leur famille qu’ils partent chercher dans des pays
tiers, car l’Argentine ne leur offrait pas ces garanties.
Les répressions violentes, les séquestres et les assassinats
commis par les dictatures du Paraguay, du Brésil, de Bolivie et
d’Argentine à l’aide de groupes para-policiers et para-militaires,
engendraient une situation d’angoisse et d’insécurité
dans le peuple ainsi que dans les autres pays du continent.
Le coup d’état militaire en Argentine conduit à une
répression systématique contre tous les secteurs sociaux
avec des emprisonnements et des disparitions de personnes, des tortures
et des assassinats. A. Pérez Esquivel contribue alors à
l’organisation des associations de défense des Droits humains
et il apporte son appui aux familles concernées. C’est alors
que surgissent des mouvements comme ceux des Mères de la Place
de Mai et des Grands-Mères de la Place de Mai, mais aussi l’Assemblée
Permanente pour les Droits humains, le Mouvement pour la récupération
des Enfants emprisonnés et disparus et le Mouvement œcuménique
pour les Droits humains.
Il participe alors à la création et à l'animation
du Service Paix et Justice (SERPAJ), qui, avec d’autres organisations,
devient un lieu de soutien et de défense des Droits humains, et
développe une grande campagne internationale pour dénoncer
les atrocités de la dictature militaire argentine. Cette activité
a pour conséquence la répression contre le Service Paix
et Justice, en Argentine et dans les autres pays où cet organisation
existe.
En 1975, Adolfo Perez Esquivel est fait prisonnier par la police militaire
du Brésil à l’aéroport de Sao Paulo, en même
temps que la docteur Hildegard Goss-Mayr du Mouvement international de
la réconciliation. Une fois libérés, chacun retourne
dans son pays.
En août 1976, il est détenu à Buenos Aires dans le
Département central de la Police fédérale. Il est
emprisonné et torturé sans aucun procès pendant 14
mois et maintenu en liberté surveillée pendant 14 autres
mois. C’est dans sa prison qu’il reçoit le Mémorial
de la Paix Jean XXIII qui lui est décerné par Pax Christi
International, parmi d’autres reconnaissances internationales.
PRIX
NOBEL DE LA PAIX

En octobre 1980, il reçoit le Prix Nobel de la Paix pour son travail
de défense des Droits Humains. Lors de la réception de cette
distinction, il dit : « J’accepte ce Prix Nobel
au nom des peuples d’Amérique Latine et en particulier au
nom des plus pauvres et au nom de tous ceux qui se sont engagés
avec leurs peuples...»
Là, il continue son travail en Argentine et dans d’autres
pays pour la défense de la vie, des droits des enfants et de l’éducation
pour la paix et les droits humains.
Il a publié le livre Le Christ au Poncho (1981) et des articles
dans diverses revues sur la situation des enfants, sur les Droits de l’Homme
et sur la situation socio-politique de l’Amérique Latine.
En avril 1995, dans son livre intitulé Cheminer avec les peuples,
il décrit des expériences non-violentes en Amérique
Latine. En décembre 1996, il publie encore Una gota de tiempo (Une
goutte de temps), une chronique qui se situe entre l’angoisse et
l’espérance et, pour le moment, il projette d’écrire
un nouveau livre qui serait intitulé Contes des semi-vérités
et des réalités.
Aujourd’hui, le Service Paix et Justice (SERPAJ) travaille avec
des secrétariats permanents dans onze pays latino-américains
et comprend aussi des groupes de solidarité en Europe. Il travaille
dans les milieux populaires, avec les paysans et avec les populations
indigènes sur des programmes d’éducation aux droits
humains et à la paix. Le SERPAJ , en tant qu'ONG, a un statut consultatif
à l’ONU et à l’UNESCO. Ce dernier organisme
lui a décerné le Prix de l’Education à la Paix
en 1987.
Face à des situations de conflit, A. Pérez Esquivel a participé,
avec d’autres Prix Nobel, à des missions internationales
de solidarité comme celle du “Bateau de la Paix" au
Nicaragua en 1987 et du “Bateau de la Solidarité en Pologne”,
mais aussi à de nombreuses campagnes comme celles menées
contre la grave situation d’apartheid en Afrique du Sud, en Afghanistan,
dans le conflit du Moyen-Orient et sur le problème du Tibet sous
occupation chinoise.
En février 1994, il a fait partie de la mission en Thaïlande
des Prix Nobel de la Paix pour la libération de Aung San Suu Kyi,
Prix Nobel de la Paix 1991 et prisonnière depuis plus de trois
ans en Birmanie. Cette mission a visité les camps de réfugiés
birmans en Thaïlande. Le Dalaï Lama, Desmond Tutu, Mairead Corrigan
et Betty Williams participaient aussi à cette mission.
Dans le continent latino-américain, il a participé aux campagnes
contre l’invasion de Panama par les États-Unis, et contre
la guerre civile au Salvador, en réclamant le droit des peuples
à leur auto-détermination.
En février 1995, il a pris la tête de la Mission de Paix
du SERPAJ contre la guerre entre le Pérou et l’Equateur,
en visitant les zones frontalières dans ces deux pays.
En qualité de membre du Tribunal permanent des Peuples, il a participé
en mars 1995 a une nouvelle session de ce même Tribunal qui a traité
du problème de “la Violation des droits fondamentaux des
enfants”. Au mois de juin de cette même année, à
la demande de plusieurs organisations et personnalités mexicaines,
il a pris la tête d’une autre mission de paix dans le conflit
qui a lieu au Chiapas au Mexique.
En décembre 1995, il est allé à Hiroshima pour participer
avec d’autres Prix Nobel à la conférence sur “Le
Futur de l’Espérance”. En mars 1999, il a effectué
avec Mairead Corrigan, qui est elle aussi Prix Nobel de la Paix, un voyage
en Irak pour mieux connaître la situation de ce peuple et réclamer
la fin du blocus.
Actuellement, il poursuit avec le Service Paix et Justice la réalisation
du projet “Aldea Niños para la Paz” (Village des Enfants
pour la Paix) dont l’objectif est de travailler avec des enfants
en situation de risque social.
DISTINCTIONS
ET RESPONSABILITES

Il a été déclaré “Citoyen illustre”
de la Ville de Buenos Aires par le Conseil municipal de cette Ville en
décembre 1995. En décembre 1996, il a reçu le Prix
“Citoyen du Monde”, attribué par le Boston Research
Center for the 21st Century et, en 1999, le Prix “Pacem in terris”
décerné par le diocèse de Davenport aux États-Unis.
Il a reçu le titre de docteur honoris causa de la part de plusieurs
universités. Parmi le plus connues, on trouve : l’Université
Saint-Joseph de Philadelphie, l’Université de Villanova en
Pennsylvanie, le Christian Brothers College de Memphis, l’Université
Majeure de San Andrés en Bolivie, l’Université du
XXIe Siècle aussi en Bolivie, l’Université Georgetown
à Washington, l’Université San Marcos à Lima,
au Pérou, et l’Université de l’État de
Sao Paulo au Brésil. Enfin, au Japon, l’Université
de Soka Gakkaï lui a aussi accordé cette même distinction
avec celle de professeur émérite. Il est professeur émérite
de l’Université de San Cristobal de Huamanga au Pérou,
Recteur de l’Université de la Paix à Barcelone en
Espagne, président du Conseil académique de l’Université
de paix de Namur, en Belgique, et, depuis septembre 1998, titulaire de
la Chaire “Education pour la Paix et les Droits de l’Homme”
à la Faculté des Sciences sociales de l’Université
de Buenos Aires.
Actuellement, il est président d'honneur du Service Paix et Justice
en Amérique Latine (SERPAJ-AL), président de la Ligue Internationale
pour les Droits et la Libération des Peuples, qui a son siège
à Milan, membre du Tribunal Permanent des Peuples et membre du
jury du Prix de Promotion de la Paix “Félix Houphouët
Boigny” de l’UNESCO. Depuis 2003, il est également
président de l’Académie de l’Environnement (IAES)
de Venise (Italie).
LA
DECENNIE DE LA CULTURE DE LA PAIX ET DE LA NON-VIOLENCE (2001-2010)

En 1997, il a lancé “l’Appel des Prix Nobel de la Paix
pour les Enfants du Monde” adressé aux Nations unies qui
ont déclaré l’année 2000 “Année
Internationale de la culture de la paix” et qui ont déclaré
la première décennie du nouveau millénaire “Décennie
internationale pour la promotion d'une culture de la non-violence et de
la paix au profit des enfants du monde”.
Il a fait partie du Conseil de “l’Année Internationale
de la Culture de Paix” et il est membre du Comité de parrainage
de la Coordination internationale pour la Décennie de la culture
de paix et de non-violence.
ALTERMONDIALISME

Il participe à divers forums sociaux mondiaux, et fit partie des
19 personnalités qui proposèrent le Manifeste de Porto Alegre
en 2005.
BILIOGRAPHIE

Adolfo Pérez
Esquivel, Le Christ au Poncho, Paris, Le Centurion, 1981.
Adolfo Pérez
Esquivel, Cultivons la paix !, Paris, DDB, 2000.
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